Comment ne pas m'exposer aux produits toxiques ?

Il semble pertinent de définir tout d’abord ce qu’est un produit toxique

Définition

Produit d’origine animale, végétale ou minérale qui provoque l’intoxication, la destruction d’un organisme vivant ou qui interrompt ou trouble gravement les fonctions vitales d’un organisme ou d’un écosystème.

Une substance toxique affecte à la fois les êtres vivants (humains, animaux, plantes…), les organes des êtres vivants (foie, sang…) mais aussi les écosystèmes (sols, cours d’eau, air…)

Exemples de toxiques
1) Les poisons, les venins.
2) Les toxines provoquant un empoisonnement, une intoxication par exemple alimentaire.
3) Les polluants comme les métaux lourds le plomb, le mercure ou les rejets industriels.

Une substance toxique possède des propriétés. Elle est, entre autre, définie par sa toxicité qui détermine la capacité d’une substance chimique à provoquer, sur toute forme de vie, humaine, animale, bactérienne et végétale, des effets néfastes et mauvais, présentant un risque pour la santé.

Une substance peut être toxique sur le long terme ou très rapidement (les venins par exemple). Un seuil de toxicité est souvent défini pour qualifier la dose conduisant à l’empoisonnement. La toxicité dépend à la fois d’une dose (concentration du produit) et d’une durée. Par exemple la belladone, une plante, a une action médicale à très faible dose et sur une courte période, mais devient toxique, avec un risque mortel, à doses élevées sur un temps plus long.

Autre seuil, la dose équivalent toxique qui correspond à la quantité de produit à partir de laquelle celui-ci devient un poison pour un organisme.
Par exemple la teneur en polluant, dont le dépassement pendant un temps déterminé peut provoquer des troubles graves pour la santé.

Ces seuils, notamment en médecine, sont ensuite traduits en normes pour la santé publique.

On répertorie 132 substances ou groupe de substances toxiques. Parmi elles on peut citer l’amiante, le mercure, le benzène, le bromure de méthyle, les phtalates, le trichloréthylène, l’ammoniac, le plomb ou encore les hydrocarbures. Par ailleurs, certaines de ces substances toxiques sont inhalées via la fumée de tabac (c’est le cas des trois dernières citées).

L’homme produit lui aussi des substances toxiques par exemple le glyphosate (désherbant) dont on a beaucoup parlé récemment.
Ces substances peuvent présenter plusieurs catégories de risques pour la santé. Elles sont souvent regroupées dans la catégorie spécifique CMR (Cancérogène – Mutagène – Reprotoxique) c’est-à-dire qu’elles peuvent avoir une action outre sur la santé mais aussi sur les gènes ou le système reproductif pouvant entraîner des possibilités de stérilité.
Le classement actuel fait état de plusieurs seuils : 1 A (certain), 1 B (probable), 2 (possible).

En France, l’INERIS a mis au point une « Méthodologie de détermination des différents seuils » lors d’émission accidentelle d’une substance chimique dans l’atmosphère, adoptée le 20 novembre 2003 et consultable sur leur site Internet.

Bonne nouvelle, pour beaucoup de produits il existe un seuil des effets réversibles. C’est-à-dire que si l’exposition a un effet toxique, après l’arrêt de l’exposition au produit, un retour à l’état de santé antérieur est possible.

On peut aussi avoir une action de suppression des effets toxiques d’un composé c’est ce que l’on appelle la détoxication. Exemple notamment par les enzymes du foie qui modifient et rendent plus solubles le toxique.

les mesures de toxicité

Dans l’Union européenne, le Règlement 1907/2006 dit « REACH », impose aux industriels une évaluation des impacts des produits qu’ils vendent et les charge de conduire cette évaluation toxicologique.

En France, l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) effectue des mesures de toxicité. En 2007 il avait analysé 380 substances suivant le classement CMR.

Aujourd’hui on mesure aussi la présence de polluants dans notre alimentation. Auparavant on testait la toxicité des produits par des études expérimentales chez le rat, actuellement les valeurs sanitaires émanent de données humaines, cliniques, épidémiologiques avec des marqueurs d’exposition et des preuves.

Les techniques sont de plus en plus sophistiquées, ce qui fait que l’on trouve de plus en plus de produits à des doses de plus en plus faibles. De ce fait on a l’impression que notre régime est de plus en plus pollué alors qu’en fait, il l’est de moins en moins depuis les années 1980.

Autre bonne nouvelle, l’utilisation des antibiotiques sur les animaux a baissé de 37% en cinq ans, l’OMS avait alerté plusieurs fois sur le danger de leur sur prescription entrainant des résistances des bactéries aux antibiotiques.

Bien avant la grossesse, nous connaissons tous des recommandations faites afin de ne pas s’exposer à des risques pour la santé. Ils continuent bien sûr à s’appliquer pendant la période de gestation, entre autre le risque de l’automédication.

Comme tout produit le médicament a un effet bénéfique mais aussi des effets indésirables. Durant la grossesse, le principe de précaution doit être respecté, même pour un médicament qui parait sans danger. La future maman doit toujours demander un avis médical à son médecin, sa sage-femme ou son pharmacien.

D’autre part les boîtes de médicaments présentant un risque connu pour le fœtus devront être estampillées d’un pictogramme, Arrêté du 5 mai 2017.